Aller au contenu
Voir les risques

Guide

Mesurer le radon chez soi : méthode, coût et remèdes

Un dosimètre à 30 euros, deux mois de pose en hiver, un seuil à 300 Bq/m³ : la marche à suivre pour savoir ce que vous respirez, et quoi faire ensuite.

Dosimètre radon posé dans une pièce de vie

Le potentiel radon de votre commune décrit le sous-sol. Il ne dit pas ce que vous respirez chez vous. Entre deux maisons voisines, les concentrations peuvent varier d'un facteur dix selon la ventilation, l'étanchéité du plancher bas et les habitudes des occupants. La seule façon de savoir, c'est de mesurer, et cela coûte le prix d'un plein d'essence.

Pourquoi mesurer

Le radon est un gaz radioactif naturel, incolore et inodore, issu de la désintégration de l'uranium contenu dans les roches. En extérieur il se dilue immédiatement. En intérieur, il s'accumule, surtout dans les niveaux bas et pendant la saison de chauffe, quand on aère peu.

C'est la deuxième cause de cancer du poumon en France après le tabac. Le risque est proportionnel à la concentration et à la durée d'exposition : il n'y a pas de seuil en dessous duquel le risque disparaît, mais il devient très faible aux concentrations habituelles.

Le matériel : un dosimètre passif

Un dosimètre passif est un petit boîtier en plastique, sans pile ni électronique, qui enregistre passivement le rayonnement. Comptez 25 à 40 euros par unité, analyse en laboratoire comprise. On les commande en ligne auprès de laboratoires agréés, ou parfois gratuitement lors de campagnes de mesure organisées par des collectivités en zone 3.

Les appareils électroniques à lecture instantanée existent aussi, à partir de 150 euros environ. Ils sont utiles pour suivre l'effet de travaux en temps réel, mais pour un simple diagnostic, le dosimètre passif est plus fiable et bien moins cher.

La méthode : deux mois, en hiver, en bas

Trois paramètres déterminent la validité de la mesure.

  • La durée. Deux mois minimum. Les concentrations varient énormément d'un jour à l'autre selon la météo et l'aération : une mesure de quelques jours ne veut rien dire.
  • La saison. Entre octobre et avril, période où le logement est chauffé et peu ventilé. C'est le moment où les concentrations sont les plus hautes, donc le plus représentatif du risque réel.
  • L'emplacement. Dans les pièces de vie du niveau habité le plus bas : séjour, chambre de rez-de-chaussée. Posez le boîtier à hauteur de respiration, à distance des fenêtres et des sources de chaleur. Comptez au moins deux dosimètres pour une maison.

Pendant la mesure, vivez normalement. Aérer davantage que d'habitude fausse le résultat dans le bon sens, ce qui ne rend service à personne.

Lire le résultat

Le laboratoire renvoie une concentration moyenne en becquerels par mètre cube (Bq/m³). Le seuil de référence réglementaire en France est de 300 Bq/m³.

  • Moins de 300 Bq/m³ : aucune action obligatoire. Continuez à aérer et vérifiez que la ventilation existante fonctionne.
  • Entre 300 et 1 000 Bq/m³ : agissez, sans urgence. Les mesures simples suffisent le plus souvent à repasser sous le seuil.
  • Au-delà de 1 000 Bq/m³ : engagez les travaux rapidement et faites-vous accompagner par un professionnel du bâtiment.

Après travaux, refaites une mesure sur une saison de chauffe complète. C'est le seul moyen de vérifier que l'intervention a produit son effet.

Faire baisser la concentration, du plus simple au plus lourd

1. Ventiler

Ouvrir les fenêtres dix minutes matin et soir change déjà beaucoup de choses. Si le logement a une VMC, vérifiez qu'elle tourne, que les bouches ne sont pas obstruées et que les entrées d'air des menuiseries sont dégagées. Une isolation récente sans ventilation adaptée est un facteur aggravant classique.

2. Couper les chemins d'entrée

Le gaz remonte par les défauts du plancher bas. Il faut donc traiter, avec un mastic ou un mortier adapté :

  • les fissures du dallage et les joints entre dalle et murs ;
  • les passages de canalisations et de gaines électriques ;
  • la trappe d'accès au vide sanitaire, à rendre étanche ;
  • les sols en terre battue de cave, à recouvrir d'une dalle ou d'une membrane.

3. Traiter le soubassement

Si les deux premières étapes ne suffisent pas, on agit sur le volume situé sous le logement : ventilation du vide sanitaire ou de la cave par des grilles en façade, ou mise en dépression du soubassement au moyen d'un extracteur, qui aspire l'air chargé en radon et le rejette au-dessus du toit. C'est la solution la plus efficace, et la plus coûteuse.

Location, vente et lieux de travail

Un logement situé dans une commune classée en potentiel radon significatif (catégorie 3) doit le mentionner dans l'état des risques remis à l'acquéreur ou au locataire. Attention au contresens fréquent : cette mention signale le classement de la commune, pas un dépassement mesuré dans le logement. Aucune mesure n'est obligatoire pour un logement particulier.

L'obligation de mesure existe en revanche pour certains établissements recevant du public et pour les lieux de travail situés en sous-sol ou en rez-de-chaussée dans les communes de catégorie 3. Un employeur concerné doit faire réaliser la mesure et, en cas de dépassement, engager des actions correctives.

Pour situer votre commune, consultez son potentiel radon et sa fiche détaillée.

Information générale, ne remplace pas l'avis d'un professionnel (diagnostiqueur, bureau d'étude géotechnique, assureur). Sources officielles : Géorisques, service-public.fr.